RAF
Les origines du terrorisme d'extrême gauche dans la République Fédérale d'Allemagne remontent aux émeutes estudiantines de 1968/69. Durant ces révoltes des groupes d'extrême gauche considéraient déjà la violence comme un moyen légitime d'ébranler l'ordre établi. En 68, Andreas Baader et l'étudiante Gudrun Ensslin sont arrêtés pour l'incendie du grand magasin Schneider à Francfort. Deux ans plus tard Baader s'évade de sa prison de Berlin-Ouest grâce à Ulrike Meinhof, journaliste : c'est alors qu'ils fondent la Rote Armee Fraktion (fraction armée rouge), le 14 mai 1970.
La RAF revendique une violence terroriste illimitée pour servir sa lutte contre la dictature impérialiste de la République Fédérale d'Allemagne (RFA!) et multiplie les attentats.

La RAF veut bouleverser l'Etat, l'économie et la société par le terrorisme. Elle préfère l'action à la théorie, dans la lignée des défenseurs de la propagande par le fait - c'est pour cette raison qu'on dit en France "la bande à Baader", en référence aux anarchistes de la bande à Bonnot - début du vingtième siècle. Baader et ses acolytes se réfèrent aux concepts de la guérilla sud-américaine, développée pour lutter contre la dictature militaire, et choisissent pour leur groupe un logo composé d'une arme à feu et d'une étoile rouge. Cette image et le nom même du groupe sont autant d'affirmations de ses méthodes de frappe.

En réaction contre la terreur exercée par la RAF, l'Etat allemand se mue en Etat policier. Le gouvernement fédéral répond aux attaques dirigées contre lui par une vaste répression et des lois anti-terroristes de grande envergure. La coalition gouvernementale et l'opposition travaillent étroitement ensemble pour venir à bout des terroristes d'extrême-gauche.

En juin 1972 la police parvient à arrêter les principales têtes pensantes et bras vengeurs de la première génération de la RAF. Les attaques terroristes continuent néanmoins. Elles atteignent leur paroxysme dans la vague terroriste de 1977 avec l'assassinat d'un membre du gouvernement, Siegfried Buback (1920-1977) et de Jurgen Ponto (1923-1977), dirigeant de la banque de Dresde et l'enlèvement du Président du patronat allemand, Hanns-Martin Schleyer (1915-1977), pour obtenir la libération des membres du groupe qui moisissent en prison. Au même moment, un commando de l'Organisation de Liberation de la Palestine ("Martyr Halimeh"), qui entretient des rapports étroits avec de nombreux groupes d'extrême gauche (RAF, Brigades Rouges) détourne un avion de la Lufthansa vers la capitale somalienne Mogadischu. L'avion est récupéré le 18 octobre par les forces spéciales allemandes - le GSG 9 - et les otages libérés sans dommages.

La même année se déroule le procès de Baader, Ensslin, Meinhof et Jan-Carl Raspe dans des conditions de sécurité extraordinaires. Les accusés sont condamnés à perpétuité en avril 1977, alors que Meinhof a été retrouvée pendue dans sa cellule peu de temps auparavant. Les trois terroristes restants sont retrouvés morts à leur tour dans la prison Stuttgart-Stammhein le 18 octobre 1977. En guise de représailles, les membres restés libres assassinent Hans-Martin Schleyer sur le champ.

Dans cette affaire, la police allemande a été fortement soupçonnée de torture et de l'assassinat des membres du groupe, surtout lorsqu'un quatrième membre, Ingrid Schubert, est retrouvé pendu le 12 novembre 1977, et qu'un autre témoigne d'une tentative d'assassinat dans sa cellule. 

 

> Lou

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