Essais nucléaires de la France

 

 

 

Comment la France est passée outre les accords internationaux jusqu'en 1996, la Polynésie Française possédant aujourd'hui un des plus hauts taux de cancer au monde.

 

 

Par l'Observatoire des armes nucléaires françaises

 

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Après avoir effectué 17 expériences nucléaires au Sahara entre le 13 février 1960 et 16 février 1966, la France a commis en tout 193 essais nucléaires en Polynésie entre 1966 et 1996. On compte, parmi ces 193 essais, 41 essais atmosphériques qui, entre 1966 et 1974, ont été réalisés malgré le traité d'interdiction des expériences dans l'atmosphère, signé en 1963 par les Etats-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni.

La France a décidé en 1996 de fermer ses sites d'essais nucléaires en Polynésie et la dissolution de la Direction des Centres d'Expérimentation nucléaire (DIRCEN) a été effective à la fin juillet 1998.

La France a signé le traité d'interdiction totale des essais nucléaires le 26 septembre 1996.

 

La période des essais atmosphériques (1966-1974) a été particulièrement nocive en raison des retombées radioactives qui ont été mesurées par des laboratoires néo-zélandais et australiens aux limites de la Polynésie française. La France a toujours affirmé publiquement la parfaite innocuité de ses expériences atmosphériques. Néanmoins, pour les besoins de l'expertise commandée par le gouvernement français à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, le ministère de la défense français a reconnu que plusieurs expériences avaient dépassé les doses admises.

 

Au milieu des années 1980, un registre du cancer a été mis en place en Polynésie, mais ses données ne sont considérées comme fiables qu'à partir de 1988. Le registre montre que la Polynésie présente un des plus forts taux d'incidence du cancer de la thyroïde chez les femmes.

En 1996 et 1998, le gouvernement français a fait réaliser des études sur l'incidence et la mortalité par cancer en Polynésie par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) dont les résultats ont été utilisés pour affirmer l'innocuité des essais nucléaires de la France.

 

En Polynésie française, l'opposition aux essais nucléaires s'est manifestée dès l'implantation des sites d'essais nucléaires sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Parmi les opposants, on comptait des hommes politiques polynésiens, des personnalités, l'Eglise Evangélique et les ONG. Le début des années 1970, jusqu'en 1974 a été marqué par de grandes manifestations d'opposition à Tahiti et dans les pays du Pacifique. En 1995, l'annonce de la reprise des essais nucléaires par le président Jacques Chirac a été marquée par un immense mouvement de protestation mondial contre les essais nucléaires de la France.

 

En 2001, le réseau "Solidarité Europe Pacifique" a reçu le soutien de l'association des "Vétérans des essais nucléaires français et leurs familles" récemment créée et a établi le contact avec une association de citoyens algériens désignée sous l'appellation "13 février 1960", date du premier essai nucléaire de la France à Reggane au Sahara.

 

 

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La Commission d'enquête sur les conséquences des essais aériens français en Polynésie mise en place en juillet 2005 par l'Assemblée de la Polynésie française a rendu son rapport mardi 24 janvier 2006, dix ans après le dernier essai effectué à Fangataufa le 27 janvier 1996.

Dans leur rapport, les élus polynésiens apportent les preuves que les 46 expériences aériennes qui se sont déroulées de 1966 à 1974 ont, à chaque tir, provoqué des retombées radioactives sur l'ensemble des archipels habités de la Polynésie, contrairement à ce qu'ont toujours affirmé les autorités militaires françaises.

Le ministère de la Défense qui se targue aujourd'hui d'une volonté de transparence a refusé tout contact et toute collaboration avec la Commission d'enquête. Pour répondre à ce silence officiel, la Commission d'enquète a décidé de contribuer par elle-même à la transparence sur les essais nucléaires aériens. Grâce à des contributions indépendantes, la Commission publie vingt-cinq documents militaires secrets des années 1966 et 1967 dans leur version intégrale. Ces documents démontrent à l'évidence que non seulement les autorités militaires ont menti sur la réalité des retombées radioactives, mais qu'elles ont, par ordre, intimé le silence sur les dangers auxquels ont été exposés les habitants des îles et atolls proches de Moruroa.

Les élus polynésiens considèrent aujourd'hui que leur population a été sciemment abandonnée aux retombées radioactives des explosions nucléaires que les militaires affirmaient maîtriser. Les graves problèmes de santé - cancers de la thyroïde, leucémies et autres cancers - que subissent aujourd'hui les Polynésiens doivent être examinés au regard de ces risques inconsidérés auxquels ils ont été exposés.

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Le Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits publie rapports d'enquêtes, communiqués et ouvrages, dénonçant d'inquiétants scandales concernant les forces nucléaires françaises, les transferts d'armements et l'industrie d'armement.

 

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