8 mai 1945 : massacre de Sétif

 

> Rappel contre l'amnésie historique

 

 

Jour de liesse ? Fête de la libération  ? 
Pas pour tout le monde.

Le 8 mai 1945, un des plus atroces massacres coloniaux est perpétré par cette France fraîchement libérée. En effet, ce même jour, à Sétif en Algérie est organisée une manifestation indépendantiste, par les militants du PPA (Parti Populaire Algérien). Le gouvernement français envoie l'armée, sous le commandement du général Duval. Dans une répression violente contre la population civile, des navires de guerre tirent et l'aviation bombarde la population de Sétif. 10 000 soldats sont engagés dans une véritable opération militaire. Ils sont  issus de la Légion étrangère, des tabors marocains, des tirailleurs sénégalais et algériens. En outre, des milices se forment sous l'œil bienveillant des autorités, et se livrent à une véritable chasse aux émeutiers. Le général Duval déclare que " Les troupes ont pu tuer 500 à 600 indigènes. " Le nombre de victimes est aujourd’hui estimé à 30 000 morts. Le drame est passé inaperçu dans l'opinion métropolitaine. Le quotidien communiste L'Humanité assure alors que les émeutiers étaient des sympathisants nazis ! Il faudra attendre le 27 février 2005 pour que, lors d'une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, Ambassadeur de France à Alger, qualifie les  " massacres du 8 mai 1945 de tragédie inexcusable. " Cet évènement constitue la première reconnaissance officielle de sa responsabilité par la République française. 

Pourtant, en ce jour de commémoration de la liberté, de la fin du joug nazi, pas un mot ne sera dit sur ce massacre de la France coloniale. Rappellons qu'il en est d'autres (Madagascar 1947, Paris le 17 octobre 1961, Alger le 26 mars 1962...). Cette France qui fait teinter ses médailles aujourd'hui, à coup de célébrations idéologiques, continue de pratiquer le déni historique sur ses propres crimes. 

Aujourd'hui seront rapellés la barbarie nazie et les crimes de Vichy. Aujourd'hui seront oubliés les crimes coloniaux, ou encore le fait que les derniers camps de concentration en France pour Tziganes n'ont fermé qu'en 1946, que Papon n'a jamais été inquiété pour les crimes qu'il a commis en tant que préfet de la Ve République, la nôtre.

 

   

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